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Gazpar le compteur de gaz intelligent

Photo GrDF

Photo GrDF

Dans le même esprit que  Linky, le compteur électrique intelligent d’ErDF dont nous vous parlions il y a quelques semaines, voici Gazpar, son équivalent pour le gaz de ville.

Développé par GrDF, en collaboration avec la Commission de Régulation de l’Energie (CRE), Gazpar équipera d’ici 2022 les 11 millions de clients utilisant le  gaz de ville, particuliers et professionnels.

Le déploiement débutera fin 2015, et concernera dans un premier temps, 150 000 compteurs répartis sur 24 communes dont Nanterre et Rueil Malmaison.

En test depuis plusieurs années, le déploiement généralisé a été acté en juillet 2013 par le gouvernement. Dans la foulée GrDF a lancé un appel d’offres qui a consacré, en février dernier, trois lauréats qui vont se partager la fabrication de  90% des 11 millions de compteurs : le groupement du français Sagemcom et du roumain AEM, l’américain Itron (qui a également été choisi par ErDF pour fabriquer Linky) ainsi qu’un consortium réunissant General Electric et l’allemand Sappel.

Gazpar va permettre de relever la consommation à distance et de facturer sur le réel consommé et non  sur la base d’une estimation comme cela se fait actuellement. De plus, il offrira la possibilité au client de mieux maîtriser sa consommation grâce à la mise à disposition d’informations précises sur celle-ci : données horaires de consommation.

Malgré son aspect extérieur, couleur et cadran,  aux allures vintage, Gazpar est un compteur connecté qui utilise  des ondes radio pour envoyer les relevés de consommation à des  concentrateurs qui les relaient ensuite, par Internet, au système d’information de GrDF. Plus de 15000 concentrateurs, sortes d’antenne radio, un peu comme celles de la téléphonie mobile, devraient être installés sur le territoire.

Gazpar aura, contrairement à Linky,  un coût direct pour le consommateur, soit 2 à 3 Euros / an, facturation jugée acceptable par la CRE au vu des économies que le consommateur pourra réaliser en adaptant sa consommation, suite à l’analyse des informations données par le compteur.

 Notre avis : une belle initiative et une pierre de plus à l’édification du Smart Grid sous l’impulsion de la communauté européenne (pour le détail du cadre réglementaire, lire  notre article sur Linky) . Nous regrettons, cependant,  que la consommation ne soit actualisée, sur le site internet de GrDF,  qu’une fois par jour car même si elle  est horodatée, il sera difficile pour le consommateur de savoir ce qui était allumé aux différents moments  de la journée. Nous espérons, également,  que des conseils pour adapter sa consommation et réaliser les économies qui vont compenser le surcoût seront dispensés par GrDF. Par ailleurs, il est   dommage qu’ErDF et GrDF n’aient pu s’accorder sur la  technologie de communication utilisée, courant porteur pour le premier, radio pour le second, afin de  remonter les informations jusqu’à leur système d’information respectif. Une démarche de standardisation des vecteurs et protocoles de communication  pour les compteurs (électricité, gaz et eau) en amont, pour récupérer les informations, mais aussi en aval, pour les restituer au consommateur via une application unique, aurait été la bienvenue. Enfin, d’un point de vue industriel, l’état impose uniquement que l’assemblage des compteurs soit réalisé en France, ce qui est  dommage car compte tenu des quantités à produire (11 millions de compteurs pour GrDF et 35 millions pour ErDF) cela aurait pu être, pour le pays,  une belle occasion de ré-industrialisation.

Linky, le compteur intelligent d’ERDF

linky Linky est le nom du  compteur électrique connecté, conçu par ERDF,  qui devrait équiper les 35 millions de  foyers  français d’ici 2020.

Ce compteur est né sous l’impulsion de la directive 2006/32/CE du parlement européen et du conseil du 5 avril 2006 relative à « l’efficacité énergétique dans les utilisations finales et aux services énergétiques », complétée par la directive 2009/72/CE qui fixe les objectifs de déploiement : 80% des foyers en 2020 et 100% en 2022 puis remplacée et renforcée par la directive 2012/27/CE. Cette dernière a été transposée dans la loi française et adoptée le 2 juillet 2013 par l’Assemblée Nationale. Dans la foulée, et après deux années d’expérimentation, le gouvernement a décidé de lancer le déploiement de Linky à l’échelle nationale. Cette décision a été suivie en octobre 2013 par le lancement d’un appel d’offres d’EDF pour l’équipement d’une première tranche de 3 millions de foyers  d’ici 2016.

Linky va permettre à ERDF d’avoir une meilleure visibilité sur le réseau basse tension en termes de supervision et maitrise de la consommation et à EDF de collecter à distance la consommation électrique de chaque foyer ou encore de modifier le paramétrage du compteur telle que la puissance allouée. Les économies de fonctionnement et la lutte contre les fraudes réalisées grâce à ces évolutions serviront  dans un premier temps à amortir les coûts d’acquisition et d’installation de ce nouveau compteur qui seront entièrement supportés par EDF.  Quant à l’utilisateur il aura accès en quasi temps réel, depuis un smartphone et un site internet, à sa consommation électrique et sera facturé chaque mois sur le réel consommé et non sur la base d’une estimation parfois éloignée de la réalité.

Schéma ERDF

Schéma ERDF

Linky communique de manière bi directionnelle (c’est à dire qu’il est capable de recevoir des ordres et de transmettre des informations) avec les équipements ERDF via le réseau électrique basse tension à l’aide de la technologie CPL outdoor (similaire à celle déployée depuis de nombreuses années par les fournisseurs d’accès internet pour relier une box à un décodeur TV mais mieux adaptée aux longues distances).

Linky  a de nombreux détracteurs et souffre de diverses critiques :

1. Risque sanitaire : certains évoquent la nocivité pour la santé de la technologie CPL outdoor qui rayonnerait à l’intérieur des habitations,

2. Le coût « caché » pour le consommateur :  ce compteur serait beaucoup moins  tolérant que ses prédécesseurs au dépassement de la puissance allouée et  sur laquelle l’abonnement est indexé. Par conséquent, l’utilisation de Linky obligerait un grand nombre de foyers à opter pour une puissance plus élevée et donc à payer leur abonnement plus cher.

3. Le risque d’intrusion dans la  vie privée :  toutes ces  données informatisées collectées,  reflétant en quelque sorte le mode de vie, pourraient un jour être exploitées à des fins commerciales ou pire se retrouver involontairement entre des mains malveillantes.

Soulignons une fonctionnalité intéressante : en cas de pic de consommation d’électricité au niveau local, régional ou national, les foyers ayant une consommation anormalement élevée recevront un SMS pour leur demander de vérifier si tous les équipements électriques allumés ne sont pas indispensables et le cas échéant de les arrêter. A défaut, les opérateurs d’ERDF pourront eux mêmes et à distance arrêter certains de vos équipements puis les rallumer une fois  le pic passé. Certains retiendront dans cette fonctionnalité le caractère intrusif de Linky, d’autres un moyen de sensibiliser ceux qui ne le sont pas encore à l’économie d’énergie et à la préservation de l’environnement.