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eCall : la voiture intelligente au service de la vie

eCall_1 Il y a quelques semaines nous vous parlions d’une innovation majeure dans le domaine de la sécurité routière en provenance des Etats Unis, celle du V2V ou de la communication entre véhicules qui, a l’instar du TCAS dans le domaine aéronautique, vise à éviter les collisions (lire notre article, en anglais, et regarder la vidéo impressionnante de sa mise en application).

Malheureusement, d’une part ce système ne sera efficace que lorsque tous les véhicules en seront équipés et d’autre part il ne permettra pas d’éviter les accidents dus  aux problèmes mécaniques, aux conditions météorologiques et aux comportements dangereux, imprudents et irresponsables de certains conducteurs.

En 2009, 1,15 millions accidents de la circulation ont été recensés en Europe entraînant le décès de 35000 personnes. La médecine urgentiste, sur la base d’études statistiques, a établi le concept dit de « l’heure d’or » qui stipule qu’un accidenté de la route se retrouvant dans l’heure qui suit sur une table d’opération a des chances de survie élevées. Ceci démontre l’importance d’une intervention rapide des services de secours, conditionnée par une alerte rapide et une localisation précise de l’accident. C’est sur la base de ces constats et des travaux de la commission européenne que le parlement  européen a voté, le 15 avril dernier, l’obligation  d’intégrer,  dans toutes  les voitures particulières et  véhicules utilitaires légers vendus neufs dans l’Union, quels qu’en soient la marque et le modèle, un système d’alerte baptisé eCall capable de fonctionner dans n’importe quel pays de l’Union. Cette obligation,  dont l’entrée en vigueur était initialement prévue pour le 1er octobre 2015, a été repoussée à fin 2017 pour laisser le temps aux constructeurs de finaliser l’intégration du eCall et au pays membres la mise en place de l’infrastructure avec laquelle il  va interagir.

Le système eCall comprend un jeu de  capteurs et un mécanisme d’appel équivalant à celui d’un téléphone mobile, lui permettant de détecter l’occurrence d’un choc violent provoqué par un accident et de composer automatiquement  le  112, le numéro d’urgence valide dans tous les pays de l’Union Européenne. L’appel permet d’établir une connexion double avec le centre de secours : vocale avec un opérateur et  de données  contenant a minima la  géolocalisation du véhicule et son identification (marque et modèle). Ce jeu minimum de données, normalisé par l’ETSI et le 3GPP, pourra être enrichi avec des informations de diagnostique sur l’état du véhicule (déclenchement des airbags, nombre de passagers sur la base du nombre de ceintures de sécurités bouclées, etc) permettant ainsi de faire intervenir les secours adéquats comme par exemple les unités équipées de matériel de désincarcération. Le système pourra  également être activé manuellement,  par exemple, depuis un véhicule témoin de l’accident.

Il est estimé que le temps d’intervention sera réduit de 50% en zone rurale et de 60% en zone urbaine permettant ainsi de sauver des centaines de vies et d’atténuer la gravité des blessures.

Le système eCall sera un service public gratuit, intégrant un système de téléphonie mobile dédié, dont l’utilisateur n’aura pas à payer l’abonnement. Par contre, il est fort probable que le coût du matériel,  estimé à une centaine d’euros par la  commission européenne, soit supporté par l’acquéreur du véhicule.

A noter que des systèmes propriétaires équivalant sont proposés par de nombreux constructeurs tels que Peugeot, BMW, Ford ou Mercedes. Ces systèmes, gratuits ou en option, exploitent la connectivité du téléphone mobile du conducteur ou celle intégrée dans la voiture pour prévenir les secours soit directement soit via un centre d’appel. Ces constructeurs pourront continuer à proposer leur propre système à condition de les rendre compatibles avec le eCall.

Un pilote automatique dans la Mercedes Classe S !

Mercedes benzMercedes est le premier constructeur automobile à avoir intégré un système de conduite autonome  destiné au grand public et cela depuis 2013.

Mercedes intègre sur la Classe S, une option « Stop & Go Pilot » qui permet, jusqu’à une vitesse de 30 KM/H,  de confier le volant ainsi que les pédales à un pilote automatique. Un journaliste du Figaro a pu vivre cette expérience. Celle-ci est parfaitement retranscrite dans la vidéo qui suit l’article.

Une merveille pour la conduite sur le périphérique des grands centres urbains quand la circulation se fait « pare-choc contre pare-choc » ou en situation d’embouteillages sur autoroute ou toute autre route où le marquage est présent (cela a son importance).

Ce pilote automatique  s’appuie sur  un puissant ordinateur embarqué relié à plusieurs caméras numériques et capteurs ultrasons  pour contrôler la direction et la vitesse du véhicule.

La direction suit le marquage au sol,  il faut donc être sur une route où le marquage est bien présent, d’où une préférence pour les périphériques ou les autoroutes…. Quant à la vitesse, elle est ajustée en fonction du comportement du véhicule précédent et des informations remontées par  un détecteur d’obstacles (piétons, objets sur la route).

Pour une question de sécurité, de respect du code de la route actuel et des problématiques d’assurance, le constructeur Allemand recommande au conducteur de conserver les mains sur le volant, sans le guider, afin de montrer qu’il se trouve en position de conduite.

L’option « Stop & Go Pilot » sera de série sur la S 500, et en option sur les autres modèles à 2 700 €, ce qui est relativement « bon marché » au regard des prix catalogue de ce modèle. Ils s’échelonnent de 89 000 € à 170 000 €.

Notre avis : C’est un premier pas prometteur d’autant plus que le prix n’est pas si prohibitif au regard du service et dans l’absolu. Faisons le pari que ce type d’équipement sera de plus en plus répandu dans les années à venir et que s’il est couplé avec les protocoles de communication entre les véhicules il permettra d’améliorer la sécurité routière et aussi la réduction des embouteillages. En effet, la généralisation de ce type de dispositif chez d’autres constructeurs permettrait d’imaginer sur les autoroutes urbaines des trains de voiture circulant à vitesse constante et pilotés de manière autonome sur des portions de plusieurs kilomètres.

Vidéo provenant du site Le Figaro TV / Figaro Auto. Cette vidéo contient une publicité embarquée de 20 secondes qui est indépendante de  notre Blog.

Brochure Mercedes : Brochure_nouvelle_Classe_S_15-05_2013

CarPlay, Apple s’invite sur l’écran embarqué des voitures

salon auto geneveEn avant première du 84ème salon automobile de Genève, Apple a dévoilé  la version finalisée de sa solution pour s’intégrer sur l’écran embarqué des voitures,   précédemment connue sous le nom d’ « iOS in the cars » et rebaptisé   »CarPlay ».

Cette appellation donnée par Apple n’est pas sans rappeler son fameux « AirPlay » qui permet d’envoyer sur des écrans compatibles les contenus vidéo et audio de son iPhone. Au delà de la stratégie marketing, cette dénomination n’a pas été choisie au hasard, en effet « CarPlay » exploite le même principe : celui de mettre à disposition sur un autre écran, embarqué dans la voiture le cas échéant, certaines fonctionnalités, contenus et applications de l’iPhone.  

015E000007202582-photo-apple-carplay-iosLe smartphone, qui doit être au minimum  un  iPhone 5 et sous iOS7, se connecte de manière filaire à un port ligthning présent dans l’habitacle de la voiture.

Tout en cohabitant avec les fonctions classiques d’une voiture (climatisation, journal de bord, …) accessibles depuis l’écran embarqué, CarPlay permet  d’accéder, en partie, à son iPhone : consulter le carnet d’adresse, gérer les appels entrants et sortants,  lire et  rédiger des SMS, naviguer avec Apple Maps, écouter la musique de son compte iTunes ou encore utiliser l’application Spotify. L’interaction avec l’utilisateur  s’effectue  via l’écran tactile embarqué de la voiture, les commandes manuelles, boutons et molette, au volant ou sur la console centrale mais aussi et surtout par commande et synthèse vocale.

015E000007202580-photo-apple-carplay-ios Cette nouvelle interface sera disponible dans certains véhicules commercialisés dès cette année par Ferrari, Honda, Hyundai, Mercedes-Benz et Volvo (des vidéos de démonstration sont disponibles à la fin de cet article). Selon Apple, d’autres constructeurs se montrent intéressés, parmi lesquels, BMW, Ford, Toyota  ou encore  PSA Peugeot Citroën.

Notre avis :  Plusieurs constructeurs automobiles proposent, depuis de nombreuses années, un accès partiel aux smartphones, en général via une liaison sans fil Bluetooth et d’écouter sa musique préférée via une clé USB ou encore une connectique propre à l’iPod d’Apple. D’autres constructeurs, comme Renault avec son système R-Link, proposent des services plus avancés comme la connectivité internet, l’accès à un magasin d’applications … Les véritables nouveautés apportées par CarPlay sont :

1. interagir avec son smartphone par commande et synthèse vocale qui est un moyen plus sûr d’utiliser son téléphone et ses fonctions durant la conduite car le conducteur peut ainsi garder les yeux sur la route,

2. connecter la voiture à l’internet sans abonnement supplémentaire (contrairement au R-Link de Renault) via  la  connexion de l’iPhone et ainsi donner accès à la richesse et à la diversité des applications connectées,…. Néanmoins l’économie d’un nouvel abonnement est superflue pour un automobiliste qui a les moyens d’acquérir un modèle haut voir très haut de gamme, les seuls, du moins dans un premier temps, à embarquer CarPlay.  Nous sommes convaincus que le futur de la voiture intelligente passera par l’intégration d’office d’une connexion internet.

3. offrir sur l’écran embarqué, hormis pour les fonctions classiques de la voiture, une expérience utilisateur homogène, celle de l’iPhone, quels que soient la marque et le modèle de la voiture. Ceci  devrait également ravir  les constructeurs automobiles car ils s’économisent ainsi le développement de tout ou  partie de l’aspect Entertainment (Loisirs) du logiciel embarqué

Nous regrettons toutefois le manque de visibilité sur les futures applications que CarPlay va apporter sur l’écran embarqué car les usages sont nombreux : vidéo à la demande, jeux, réseaux sociaux et autres applications en lien avec les smart cities telle que trouver la place de parking la plus proche.

Notons également que l’appellation « iOS in the car » paraissait un peu surfaite pour ce qui semble au final n’être que l’intégration, dans le logiciel d’infotainment existant de la voiture, d’un protocole de communication avec un iPhone et non du système d’exploitation iOS .

Mais nul doute que l’ouverture de ce nouveau front, après celui des smartphones, des tablettes et autres téléviseurs, dans la guerre des systèmes d’exploitation embarqués aura le mérite d’accélérer l’avènement des voitures intelligentes au service des loisirs et de la sécurité du conducteur.

CarPlay en vidéo, chez Volvo :

chez Mercedes :

et chez Ferrari : cliquez ici

Sur ce blog, à lire sur les activités d’Apple dans le domaine automobile : Apple dépose un brevet sur l’interaction smartphone / voiture