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L’homme connecté : le Quantified Self catalyseur de la M-Santé

On ne compte plus les objets connectés sous forme de bracelets, de vêtements ou encore de trackeurs à mettre dans sa poche, bourrés de capteurs en tout genre qui permettent de mesurer les calories brûlées, le poids, la tension artérielle, le nombre de pas, la température corporelle, l’état de stress, les phases de sommeil et le rythme cardiaque.

Ces objets tiennent plus du dispositif de loisirs et sont plutôt destinés à accompagner la pratique sportive qu’à être de véritables appareils médicaux mais ils contribuent à faire prendre conscience au grand public qu’il est possible de mesurer, suivre et historiser certains de leurs paramètres physiques et physiologiques très simplement. Sans oublier l’effet psychologique, car  ces objets, grâce à la fixation d’objectifs,  à la mesure des réalisations et  la possibilité de les partager avec ses proches ou sur les réseaux sociaux , stimulent la motivation et la persévérance dans l’activité mesurée; c’est ce qu’on appelle  le Quantified Self ou la mesure de soi.

Dans le même temps, des objets entièrement dédiés  à la santé font également leur apparition : tensiomètre, mesure de  la glycémie, pilulier,… . L’autre constat repose sur la notion de compartimentation qui fait que la majorité des capteurs sont construits autour de solutions propriétaires, c’est-à-dire, que chaque objet est connecté individuellement à sa propre application  et donc, si on est possesseur de plusieurs objets, chacun d’eux doit être géré indépendamment.

 Il n’y a pas encore de protocole de communication unique permettant de partager les données au travers d’une architecture ouverte. La société Withings développe une première solution permettant cette interopérabilité. Celle-ci permettra de connecter plusieurs objets et capteurs à une seule application voire une plate-forme centralisant les résultats et archivant l’intégralité des données.

 Cette première évolution vers une plate-forme à architecture ouverte est incontestablement une innovation marquante. Elle préfigure les fondations d’un véritable dossier personnel de santé connecté et intelligent qui enregistrerait les constantes, la condition physique et l’activité du porteur. Il constituerait un document numérique enregistrant au fil du temps tous les paramètres importants permettant de définir son état de santé, de prévenir la survenue de certaines maladies ou d’en surveiller les évolutions de manière plus rapprochée que ce que la médecine actuelle permet.

 Il faut imaginer que dans le futur, nous irons chez nos médecins, non plus avec le bon vieux carnet de santé, très peu utilisé d’ailleurs, mais avec cette masse de données et que ceux-ci seront équipés de lecteurs adéquats permettant d’améliorer l’interprétation des données stockées et ainsi d’en faciliter l’analyse afin de  détecter d’éventuels  symptômes et tout simplement pour réaliser un  suivi médical approfondi. Grâce à ces innovations, nous irons peut-être moins souvent chez le médecin mais quand nous irons lui rendre visite il pourra consulter une grande tranche de notre vie et avoir une vision plus objective et impartiale sur notre état de santé et  son évolution.

 En juillet 2013, le site belge www.trends.be a réalisé un schéma très intéressant montrant les principaux objets connectés à l’homme. Nous ne sommes pas encore prêts pour les pilules ingérées destinées à nous suivre de l’intérieur mais cela changera forcément avec le temps. Nous parions que ces objets s’imposeront dans notre civilisation comme se sont imposés les téléphones mobiles en moins de 15 ans.

Nous vous le proposons car il apparaît très intéressant de  lister les principaux objets connectés qui pourraient servir à ce que nous appelons : carnet de santé numérique ou carnet de vie intelligent et connecté, une forme de super carte vitale interactive dématérialisée mais aussi sécurisée pour être logée dans le cloud accessible uniquement aux tiers de confiance.

HUMAIN_CONNECTE

Chaussures, lunettes, tatouages : votre corps entier parle au Net  / sur www.trends.be, le 18 juillet 2013

Chaussures, lunettes, tatouages : votre corps entier parle au Net / sur www.trends.be, le 18 juillet 2013

Quelques objets, pêle-mêle à découvrir dans le schéma :

  • Lunettes intelligentes ;
  • Brosse à dents connectée ;
  • Bracelet Bien-être ;
  • Lentilles de contact LCD ;
  • Implant dentaire électronique ;
  • Pilule électronique ;
  • Montre connectée ;
  • Smartphone ;
  • Tatouage électronique ;
  • Vêtements intelligents.

Il est certain qu’il faudra aussi dépasser les peurs « orweliennes » et aussi la mode de tout partager avec tout le monde via les réseaux sociaux pour accepter d’utiliser un carnet de santé ou carnet de vie numérique intelligent et connecté (dans le cloud ou pas) qui au final permettra de mieux connaître son corps et donc de mieux se soigner.

Vous pensez que c’est de la science fiction, non, c’est seulement de l’anticipation et un peu d’imagination entrepreneuriale sur le sujet de la M-Santé ou M-Health combiné à la mesure de soi ou du Quantified Self.

Un autre argument, pour s’inscrire dans une posture d’anticipation, est l’essor économique que connaîtra  ce secteur d’activités. Pour les Etats-Unis, marché le plus avancé en matière de M-Health, les ventes d’objets connectés orientés sur le suivi médical pourraient dépasser les 50 millions d’appareils dans les 5 ans, vendus entre 50$ et 300$ l’unité. Je vous laisse imaginer le marché potentiel ! Autre élément à prendre en compte, la nature grande consommation de ces objets qui supplanteront les équipements purement médicaux car les opérateurs traditionnels ne sont pas encore présents. Cela peut s’expliquer, assez logiquement, par les problématiques réglementaires liées à l’utilisation et au stockage des données de santé très sensibles et évidemment personnelles.

La révolution des objets connectés : une mine d’or numérique mais aussi une nécessaire prise de conscience

Une nouvelle révolution est en cours, celle des objets connectés, elle sera intense, elle sera innovante. Les objets connectés ont été la vedette du salon CES de Las Vegas et déjà ils débarquent déjà dans notre vie quotidienne. Les taux de croissance des six prochaines années devraient être fulgurants pour atteindre d’ici 2020 de 50 à 80 milliards d’objets connectés selon les différents experts.

Cette révolution, même si le propos est un peu réducteur, n’est que l’évolution ultime d’une autre révolution, elle non aboutie, celle de la domotique ou de la maison pilotée informatiquement. Nous estimons que cette révolution originelle qui devait changer notre façon de vivre a capoté car la technologie n’était pas assez standardisée et fiable, et surtout que le coût d’installation était prohibitif pour toucher les grandes masses.

Les objets connectés naissent des cendres de la domotique mais avec une force décuplée grâce au bond technologique de ces dernières années, de la simplicité d’utilisation et aussi des coûts plus raisonnables.

Mais avant d’aller plus loin, qu’est ce qu’un objet connecté ? Il s’agit d’un appareil électronique communiquant avec son environnement en passant ou pas par le réseau internet.

Comme objet connecté, citons : Les pèse-personnes à domicile, les distributeurs de café dans les entreprises, les réfrigérateurs «intelligents» capables de gérer les dates de péremption, les listes de courses et la disponibilité des ingrédients pour préparer un plat, mais aussi les objets personnels embarqués comme les podomètres, les montres GPS, les vêtements interactifs sans oublier les éléments composés d’une simple puce RFID qui s’activera lors du passage à la caisse d’un supermarché.

Ou encore les bracelets et tous les autres petits appareils miniaturisés véritables concentrés de haute technologie destinés à veiller et surveiller en continu notre cycle de vie (sommeil, pulsations, glycémie, tension artérielle, cholestérol) mais aussi les entraînements sportifs, le régime alimentaire, etc…

Enfin, il faut être conscient que cette hyper connectivité n’en est pas moins un vaste réseau de collecte de données, dont l’objectif premier est de fournir à leur utilisateur un service appréciable au travers des analyses (transcrire les habitudes comportementales, de vie, d’hygiène, de sport à des coachs, des médecins, ….), mais aussi en termes de comparaisons (benchmarking) dans l’univers du big data. Sauf qu’il y a un « mais » car toutes ces données sont privées voire personnelles et confidentielles quand elles touchent à la santé. Il est certain pour notre part que la révolution des objets connectés focalisera le débat sur comment contrôler, protéger, faire respecter l’éthique autour des ces informations collectées, consolidées, analysées, disséquées,….

Dans un futur très proche, nous allons voir des millions d’objets connectés communiquant des milliards de données personnelles permettant grâce à des algorithmes simples à complexes de bâtir des bases de données comportementales gigantesques qui font déjà saliver les analystes de tendance et de comportement, les publicitaires et les annonceurs. Les experts s’entendent pour évaluer la valeur des données personnelles à environ 1 000 milliards d’euros à l’horizon 2020 uniquement pour l’Europe.

Certains parlent d’un phénomène de colonisation numérique, autre façon de parler de big data, cette masse numérique infinie sera perpétuellement alimentée par internet, par les téléviseurs connectés par les données de géo-localisation des smartphones, des tablettes mais aussi des objets autonomes qui communiqueront entre eux sans intervention humaine.

 Nous aimons bien la phrase suivante pour parler des objets et de cette nouvelle révolution technologique « Pour les uns ce sera un Jiminy Cricket bienveillant, pour d’autres un Big Brother de poche »[1].

 Pour aller plus loin, nous vous recommandons la lecture de l’excellent compte rendu du CES de Las Vegas 2014 réalisé et publié par Olivier Ezratty sur son blog « Opinions Libres ».  Avec une mention spéciale sur les objets connectés qui étaient particulièrement représentés cette année.



[1] Phrase reprise de l’article « la révolution des objets connectés » publiée par LADEPECHE.fr du 04 janvier 2014