La boîte à oeufs connectée EggMinder de Quirky

Image Quirky

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Les objets connectés débarquent dans la cuisine et  parmi eux,  le Egg Minder, une boîte à œufs connectée développée par Quirky, société fondée en 2009 à New York,  alliant  crowd funding et  FabLab au service de la concrétisation de l’innovation. En 2013, Quirky s’est alliée avec General Electric pour développer, en 5 ans, une trentaine d’objets connectés pour la maison intelligente, contrôlables depuis une seule et même application mobile. Ces objets seront choisis de manière collaborative : tout un chacun peut proposer une  idée d’objet qui, si elle rencontre l’adhésion du public via un vote ouvert à tous, intégrera la liste des objets qui seront développés.

Cette boîte, pas plus encombrante qu’une boîte à œufs cartonnée classique (370mm x 111mm x  81mm), pouvant contenir 14 œufs, communique en Wifi avec une application mobile et est alimentée via deux piles de type AA. Chaque emplacement est muni d’un capteur qui détecte la présence d’un œuf et d’une LED qui sert à indiquer s’il s’agit de l’œuf le plus ancien. Pour des raisons d’économie d’énergie, LED et Wifi  ne fonctionnent que lorsque le couvercle de la boîte est retiré. Quand l’œuf le plus ancien est retiré, la lumière bleu s’allume à côté du nouveau plus ancien et ainsi de suite.

L’application mobile, baptisée Wink, fonctionne  sur les appareils Apple, à partir de la version 6 d’iOS, et sur smartphone et  tablettes Android à partir de la version 2.2 de l’OS. Wink n’est pas dédiée à Egg Minder, car elle permet d’interagir avec tous les objets de la maison intelligente qui sont ou seront développés par Quirky et General Electric.                

L’application propose une représentation visuelle de la boîte à œufs, indique pour chaque emplacement si un œuf est présent et un anneau de couleur indique si l’œuf est le plus ancien ou s’il est périmé. Elle permet, également, de paramétrer le nombre de semaines au bout desquelles on considère l’œuf comme périmé ainsi que des alertes :

- nombre d’œufs restant en deçà duquel une alerte stock est envoyée,

- nombre de jours restant avant expiration.

Il est également possible de sélectionner un œuf pour savoir à quelle date il a été ajouté dans la boîte et quelle est sa date d’expiration. Le calcul de la  date d’expiration est théorique, il consiste à additionner la date, issue du smartphone, à laquelle l’œuf a été déposé dans la boîte avec le nombre de semaines, paramétré via l’application, au bout desquelles l’œuf sera considéré comme périmé.

Néanmoins, le Egg Minder nécessite quelques précautions d’emploi. Tout d’abord, afin d’éviter que cela ne devienne un vrai casse tête, il est préférable de remplir la boîte en une fois avec des œufs ayant la même date d’expiration ou alors d’acheter des œufs au fur et à mesure avec une date d’expiration qui est, au plus, celle paramétrée dans l’application. Ensuite, si un œuf est enlevé puis remis dans la boîte il sera considéré comme nouveau, donc valable le nombre de  semaines qui a été paramétré, même si sa date de péremption originelle est pour le lendemain.

L’application permet de savoir à distance, lorsque l’on fait ses courses par exemple, le nombre d’œufs restant et leur état. Le Egg Minder est disponible à la vente sur la boutique en ligne de Quirky au prix de 69$.

eCall : la voiture intelligente au service de la vie

eCall_1 Il y a quelques semaines nous vous parlions d’une innovation majeure dans le domaine de la sécurité routière en provenance des Etats Unis, celle du V2V ou de la communication entre véhicules qui, a l’instar du TCAS dans le domaine aéronautique, vise à éviter les collisions (lire notre article, en anglais, et regarder la vidéo impressionnante de sa mise en application).

Malheureusement, d’une part ce système ne sera efficace que lorsque tous les véhicules en seront équipés et d’autre part il ne permettra pas d’éviter les accidents dus  aux problèmes mécaniques, aux conditions météorologiques et aux comportements dangereux, imprudents et irresponsables de certains conducteurs.

En 2009, 1,15 millions accidents de la circulation ont été recensés en Europe entraînant le décès de 35000 personnes. La médecine urgentiste, sur la base d’études statistiques, a établi le concept dit de « l’heure d’or » qui stipule qu’un accidenté de la route se retrouvant dans l’heure qui suit sur une table d’opération a des chances de survie élevées. Ceci démontre l’importance d’une intervention rapide des services de secours, conditionnée par une alerte rapide et une localisation précise de l’accident. C’est sur la base de ces constats et des travaux de la commission européenne que le parlement  européen a voté, le 15 avril dernier, l’obligation  d’intégrer,  dans toutes  les voitures particulières et  véhicules utilitaires légers vendus neufs dans l’Union, quels qu’en soient la marque et le modèle, un système d’alerte baptisé eCall capable de fonctionner dans n’importe quel pays de l’Union. Cette obligation,  dont l’entrée en vigueur était initialement prévue pour le 1er octobre 2015, a été repoussée à fin 2017 pour laisser le temps aux constructeurs de finaliser l’intégration du eCall et au pays membres la mise en place de l’infrastructure avec laquelle il  va interagir.

Le système eCall comprend un jeu de  capteurs et un mécanisme d’appel équivalant à celui d’un téléphone mobile, lui permettant de détecter l’occurrence d’un choc violent provoqué par un accident et de composer automatiquement  le  112, le numéro d’urgence valide dans tous les pays de l’Union Européenne. L’appel permet d’établir une connexion double avec le centre de secours : vocale avec un opérateur et  de données  contenant a minima la  géolocalisation du véhicule et son identification (marque et modèle). Ce jeu minimum de données, normalisé par l’ETSI et le 3GPP, pourra être enrichi avec des informations de diagnostique sur l’état du véhicule (déclenchement des airbags, nombre de passagers sur la base du nombre de ceintures de sécurités bouclées, etc) permettant ainsi de faire intervenir les secours adéquats comme par exemple les unités équipées de matériel de désincarcération. Le système pourra  également être activé manuellement,  par exemple, depuis un véhicule témoin de l’accident.

Il est estimé que le temps d’intervention sera réduit de 50% en zone rurale et de 60% en zone urbaine permettant ainsi de sauver des centaines de vies et d’atténuer la gravité des blessures.

Le système eCall sera un service public gratuit, intégrant un système de téléphonie mobile dédié, dont l’utilisateur n’aura pas à payer l’abonnement. Par contre, il est fort probable que le coût du matériel,  estimé à une centaine d’euros par la  commission européenne, soit supporté par l’acquéreur du véhicule.

A noter que des systèmes propriétaires équivalant sont proposés par de nombreux constructeurs tels que Peugeot, BMW, Ford ou Mercedes. Ces systèmes, gratuits ou en option, exploitent la connectivité du téléphone mobile du conducteur ou celle intégrée dans la voiture pour prévenir les secours soit directement soit via un centre d’appel. Ces constructeurs pourront continuer à proposer leur propre système à condition de les rendre compatibles avec le eCall.

Le Vector de Garmin, précurseur du vélo connecté

 

Image Garmin

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La société américaine Garmin, pionnière des systèmes  GPS portatifs et propriétaire de l’équipe  cycliste professionnelle  du même nom, innove dans le domaine du vélo avec   le Vector, une pédale qui permet de mesurer l’information la plus importante pour ce sport :  la puissance exercée par le cycliste. Garmin vient ainsi enrichir les informations collectées et affichées par sa gamme de montre Forerunner et de mini « ordinateurs » de bord Edge 810/800 (écran 2.6p couleur & tactile) et Edge 510/500 (écran 1 pouce noir & blanc) comprenant déjà la position GPS, l’altitude, la température, la cadence et la fréquence cardiaque (ces deux derniers nécessitent l’achat d’accessoires ad hoc).

Le Vector se compose de deux éléments vendus par paire : une pédale se fixant sur des manivelles de pédalier standards et un boîtier s’intercalant entre la pédale et la manivelle qui contient la partie intelligente du Vector (module de communication sans fil, capteurs, microcontrôleur dont le firmware peut même être mis à jour et une pile bouton pour l’alimenter).

Les capteurs évaluent la déflexion de l’axe de la pédale pendant toute la durée du coup de pédale, mesurent les vecteurs de force et en déduisent  différentes informations de  puissance, en temps réel  ou calculées en fin d’exercice,  largement adoptées dans le monde du cyclisme et qui s’afficheront sur le mini ordinateur :

  • Puissance moyenne de chaque jambe à différents intervalles de temps,
  • Equilibre gauche/droite : équilibre moyen entre les  jambes à différents intervalles de temps,
  • Puissance et énergie cumulées des deux jambes,
  • « Torque effectiveness » et « Pedal smoothness » : permettent de déterminer si le coup de pédale est efficace en calculant le ratio entre la puissance dissipée lors de l’appui sur la pédale  et celle  dissipée lors d’une rotation complète ainsi que la  répartition  de la puissance sur une rotation de pédale,
  • « Normalized Power (NP) » : indique  l’effort fourni durant l’exercice car,  même si de durée  et  de puissance moyenne identiques, deux exercices, en fonction de la topographie par exemple, peuvent avoir nécessité des  efforts différents,
  • Facteur d’intensité (IF) :  indique le niveau d’intensité de l’exercice qui correspond au ratio entre l’effort fourni (NP)  et  le seuil de puissance fonctionnelle (puissance maximale que le cycliste  peut maintenir durant une heure d’effort sans se fatiguer),
  • Training Stress Score (TSS) : permet de mesurer, à partir de IF et de la durée d’exercice,  la charge  d’entraînement  qui sert à déterminer pour un cycliste professionnel, en fonction de ses objectifs de résultat, le programme de sa saison.
Image Garmin

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A  l’instar des autres  accessoires Garmin, le Vector communique avec le mini ordinateur via le protocole  radio,  propriété de  Garmin, baptisé ANT+. Ces informations peuvent ensuite être transférées via USB sur un PC pour être  visualisées et analysées tout au long du parcours. Il est également possible d’afficher le trajet sur une  carte,  d’effectuer des comparatifs de  performance pour un même trajet, de les archiver et  de les  partager, le tout  via l’application Garmin Connect, la communauté sportive gratuite en ligne de Garmin.

Pour plus de détails sur les métriques (IF, NP, TSS, …) nous vous recommandons le site de leurs inventeurs  (en anglais) : TrainingPeaks

A noter qu’il existe  d’autres solutions de vélo connecté qui, malgré  une  approche  plus classique pour un  objet connecté (application  mobile sur smartphone, communication Wifi ou Bluetooth), en restent  au stade de prototype  et offrent des  fonctionnalités qui relèvent souvent  du gadget (changement de vitesse contrôlé par l’application, régulation du régime du moteur électrique …) loin des préoccupations et besoins d’un vrai amoureux de la bicyclette en tant que sport.